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Les Européens ont cherché à Davos à convaincre sur l'avenir de l'euro

DAVOS — Les dirigeants européens ont cherché cette semaine à Davos à convaincre que la zone euro avait franchi le cap de la crise, en dépit des inquiétudes qui persistent et des risques auxquels l'économie mondiale fait toujours face.

L'euro a "franchi le cap" et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle, a assuré samedi la ministre française des Finances Christine Lagarde, lors d'un des tout derniers débats organisés dans le cadre du Forum économique mondial (Wef).

"Je ne m'attends pas à de nouveaux chocs, je pense que l'euro sera stable", a renchéri son homologue allemand Wolfgang Schaüble.

La veille, la chancelière allemande Angela Merkel s'était montrée tout aussi déterminée à défendre "notre" monnaie, l'euro, 24 heures après le même engagement pris par le président français Nicolas Sarkozy. "Si l'euro devait échouer, alors l'Europe échouerait", avait-t-elle assuré.

Nous n'en sommes plus là, a tenu à rassuré samedi le PDG de la banque britannique Barclays, Robert Diamond. "Je pense que la question de la force de l'Europe, la question de savoir si la zone euro allait éclater était une préoccupation de l'an dernier", a-t-il assuré. Mais la "volatilité sur les marchés" est toujours présente, a-t-il aussitôt averti.

M. Schaüble et Mme Lagarde ont longuement insisté sur les mesures déjà prises pour sauver l'euro et celles qui le seront au printemps pour consolider le fonds d'aide créé l'an dernier au paroxysme de la crise grecque.

"Nous voulons être ensemble, nous avons aidé ceux qui étaient en difficulté. Nous avons mis en place un fonds, et nous travaillons à l'affiner, à l'améliorer, et nous sommes certainement prêts à resserrer les rangs et à être ensemble" pour cette tâche, a-t-elle martelé.

"Ne +shortez+ pas l'Europe et ne +shortez+ pas l'eurozone", a-t-elle lancé. L'expression "shorter", de l'anglais to short, est utilisée dans les salles de marché et signifie que vous pariez sur la baisse de tel ou tel avoir, comme l'euro par exemple.

Le problème, a toutefois remarqué M. Schaüble, c'est qu'en dehors de l'eurozone, "personne ne comprend réellement ce qu'est une monnaie commune européenne avec une politique monétaire commune mais sans politique économique et budgétaire commune".

Montek Singh Ahluwalia, vice-président de la Commission indienne du Plan, présent samedi à ce débat, a d'ailleurs inscrit l'eurozone dans la liste des risques qu'il prend en compte pour cette année.

Pour son homologue britannique George Osborne, les pays européens sont certes en train "de faire le ménage" dans leurs finances publiques, mais la zone euro en tant que telle a toujours un problème de compétitivité. "Pouvons-nous faire de l'Europe une zone compétitive", c'est cela le principal défi, a-t-il lancé.
Mais la crise de la dette n'est pas la seule menace qui plane toujours sur l'économie mondiale, ont averti ces dirigeants. L'afflux massif de capitaux vers les pays émergents, en est une autre, a souligné le ministre indien. Ces flux de capitaux étrangers vers les marchés émergents déstabilisent les économies de ces pays et créent des tensions sur leurs taux de change.

La volatilité des prix des matières premières, notamment agricoles, est aussi un sujet majeur de préoccupations, a relevé le président de la Banque mondiale Robert Zoellick, qui a préconisé à ce sujet une plus grande transparence sur les stocks.

L'urgence d'une plus grande régulation financière, pourtant désignée priorité numéro un l'an dernier, a en revanche paru moins essentielle cette année à Davos.

Robert Zoellick a un début de réponse. "Quelque soit la nouvelle régulation financière que vous mettrez en place, elle ne sera probablement pas adaptée à la prochaine crise", a affirmé sur ce point le président de la Banque mondiale, ancien dirigeant de Goldman Sachs. "Et, il y aura une autre crise", a-t-il prophétisé.


http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i1k2gzr7Iaa5xIAutQ9pDPA0FApQ?docId=CNG.871d6ccc95970ff2c165e5ff5097181e.271 

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