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Le Parisien n'est plus à vendre

Le Figaro
Par Philippe Larroque

Marie-Odile Amaury, présidente du groupe Amaury, qui contrôle Le Parisien et Aujourd'hui en France.
Marie-Odile Amaury, présidente du groupe Amaury, qui contrôle Le Parisien et Aujourd'hui en France. Crédits photo : HAMILTON/REA/HAMILTON/REA 
 
Marie-Odile Amaury met fin au processus de cession engagé en juin. Les offres de rachat du quotidien régional et de son édition nationale Aujourd'hui en France n'ont pas atteint les 200 millions d'euros escomptés.
 
Cela ne devait être qu'«un point d'étape sur l'étude stratégique» du groupe, selon les termes de l'ordre du jour. Les salariés du groupe Le Parisien ont finalement appris vendredi soir que le quotidien régional et son édition nationale, Aujourd'hui en France, allaient rester dans le giron du groupe de presse familial Amaury. Lors d'un comité d'entreprise extraordinaire suivi d'un comité de groupe, la direction du groupe présidé par Marie-Odile Amaury a, en effet, annoncé qu'elle mettait fin au processus de vente du groupe Le Parisien, clôturant ainsi un feuilleton de près de six mois.

Le 7 juin dernier, le groupe Amaury, qui contrôle aussi L'Équipe et ASO (Amaury Sport Organisation, Le Tour de France), avait annoncé avoir demandé à la banque Rothschild et Cie de procéder à une étude stratégique afin d'examiner toutes les options à apporter à l'ensemble composé des quotidiens généralistes Le Parisien, Aujourd'hui en France, leurs imprimeries, leur système de distribution (SDVP) ainsi que la régie publicitaire. Comme de nombreux titres de presse, Le Parisien doit faire face à un contexte difficile et à la nécessité d'investir massivement dans des relais de croissance comme les nouveaux médias et les paris en ligne.

Marie-Odile Amaury espérait retirer quelque 200 millions d'euros de sa branche Le Parisien, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 240 millions pour un excédent brut d'exploitation estimé à 10 millions. Un montant bien supérieur aux deux seules offres fermes déposées cette semaine par le fonds Fondations Capital associé au groupe de presse belge Rossel (Le Soir, La Voix du Nord…) et le groupe Bolloré, qui ne valorisaient Le Parisien qu'entre 130 et 150 millions d'euros.

Outre des montants jugés insuffisants, Marie-Odile Amaury se serait laissée convaincre par son nouveau directeur général, Philippe Carli (ex-président de Siemens France), nommé en septembre, de redynamiser le quotidien en profitant de la reprise du marché publicitaire et de mener une stratégie offensive dans les nouveaux médias.

Plans d'économies 

Ce revirement de Marie-Odile Amaury ne lève pas, néanmoins, toutes les hypothèques. Engagé dans une politique de réduction des coûts, le groupe Le Parisien avait présenté, il y a un an, un plan de départs volontaires visant 35 salariés de l'édition nationale. Il devait être suivi de deux autres, début 2010, concernant les éditions départementales de Paris et la petite couronne, puis de la grande couronne. Ces plans, qui selon le directeur général du Parisien, Jean Hornain, devaient permettre d'économiser 3 à 4 millions d'euros cette année, ont finalement été suspendus.

Enfin, la relance du titre, qui a inauguré une nouvelle maquette en janvier dernier, n'a pas freiné la baisse des ventes. Après une année 2009 en recul de 5,3 %, selon l'OJD, l'organe de contrôle de la presse, la diffusion France payée du Parisien a cédé - 5,1 % en septembre dernier et - 3,6 % sur les neuf premiers mois de l'année 2010. Celle d'Aujourd'hui en France s'est effondrée de - 8,3 % en septembre (- 7,2 % de janvier à septembre).

Le nouveau directeur général du groupe Amaury, Philippe Carli, sait qu'il doit agir vite. À la tête du groupe depuis la mort de son mari, Philippe, en 2006, Marie-Odile Amaury s'est taillé une solide réputation de gestionnaire, souhaitant transmettre à ses enfants, Aurore et Jean-Étienne - tous deux dans le groupe -, une entreprise en bonne marche et recentrée en grande partie sur le sport, une industrie en croissance.

http://www.lefigaro.fr/medias/2010/11/05/04002-20101105ARTFIG00689--le-parisien-n-est-plus-a-vendre.php

 

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